Nadab et Abihu (partie 3/5)

Qu'est-ce que le « feu étranger » ?

Examinons ce qu'était le « feu étranger » qui a amené un jugement si effrayant sur les sacrificateurs. Pour le découvrir, il est indispensable que, pour un moment, nous fixions notre attention sur ce qui constitue les éléments d'une vraie adoration, ce que nous trouvons en Lévitique 16. Nous trouvons les éléments d'une vraie adoration consignés dans les paroles suivantes :

« Et il mettra l'encens sur le feu, devant l'ETERNEL, pour que la nuée de l'encens couvre le propitiatoire qui est sur le témoignage, afin qu'il ne meure pas » (Lévitique 16 v 13).

Ici, nous voyons qu'il y a deux éléments constitutifs de la vraie adoration : le vrai feu et le véritable encens. Il doit y avoir un feu vivant, nouvellement issu de l'autel de Dieu où il était continuellement entretenu par le sacrifice, conformément à la propre ordonnance de Dieu. L'instruction qui s'en déduit est tout-à-fait évidente. Sur l'autel de Dieu, flamboie continuellement un feu, de jour comme de nuit. Par la foi, nous voyons la sainteté inflexible de la nature divine qui est alimentée grâce au sacrifice de Christ.

Et de même, l'encens doit être pur. « Vous n'y brûlerez pas d'encens étranger » (Exode 30 v9). Ce doit être un sacrifice tel que Dieu puisse s 'en réjouir. Et il doit être conforme à ses ordonnances et non pas à ce qui nous vient spontanément à l'esprit. C'était uniquement un encens pur, constitué des bons éléments – aliment pour le feu vivant, venant de l'autel. C'est pourquoi notre adoration aussi, doit pouvoir pour être pure, montrer ces deux qualités : Christ doit en être la substance et le Saint Esprit seul, en montrer la flamme. Telle est la vraie adoration. Si, en vérité, nos âmes sont heureuses de penser à Christ et à son œuvre de salut, et si nous sommes conduits à sa contemplation sous l'action du Saint Esprit, alors seulement, nous serons capables d'adorer « en esprit et en vérité ». « Dans ma méditation, le feu s'est allumé » (Psaume 39 v3). Pendant que notre âme pense au Seigneur Jésus, notre fumée envoie son nuage avec un parfum de bonne odeur au trône de la grâce.« Dieu est esprit, et il faut que ceux qui l'adorent, l'adorent en esprit et en vérité »(Jean 4 v 24).

Donc, une fausse adoration est exactement le contraire de tout cela. Alors qu'est-ce ? C'est la réunion d'un grand nombre d'éléments : pensées charnelles, sentiments naturels, excitation personnelle liée à des choses extérieures, cérémonies imposantes, rituels qui agissent sur les sens, lumière tamisée, de la bonne musique, magnificence et gloire. Tels sont les éléments d'une fausse adoration, et par conséquent, exactement l'opposé de l'adoration simple de l'intérieur du sanctuaire, « un charbon ardent et un encens pur ». Et si nous regardons maintenant dans la chrétienté, ne voyons-nous pas là, beaucoup d'autels avec un feu impur et un encens impur ? Ne voyons-nous pas que les ingrédients les plus désastreux sont apportés dans l'encens, et que la fumée qui en résulte s'élève bien davantage comme un outrage, au lieu que ce soit une bonne odeur agréable à Dieu ? Certainement, nous pouvons faire cela, aussi est-il nécessaire que nous considérions l'état de notre propre cœur, afin que nous ne soyons pas conduits au même mal ; et à cet égard, nous pouvons être sûrs qu'aucun de ceux qui offrent à Dieu ce qui est sans aucune valeur, ne restera impuni.