Veillons à ce que notre œil soit fixé sur le seul Dieu vivant et non sur l’homme

Mais notre Dieu est si miséricordieux, si tendre, si patient ! Il veut enseigner et guider ses pauvres enfants faibles et égarés. Il ne s’épargne aucune peine pour nous, il s’occupe continuellement de nous, afin que nous soyons gardés de nos propres voies qui sont pleines d’épines et de ronces, et que nous marchions dans ses voies qui sont agréables et dans ses sentiers qui sont paix (Prov. 3:17).

Il n’est rien dans tout le monde qui soit plus profondément béni que de mener une vie de dépendance habituelle de Dieu ; que de dépendre de lui de moment en moment, de s’attendre et de s’attacher fortement à lui pour toute chose. Avoir toutes ses sources en lui, c’est le vrai secret de la paix et d’une sainte indépendance chez des créatures. L’âme qui peut dire en vérité : « Toutes mes sources sont en toi », est élevée au-dessus de toute confiance en la créature, au-dessus des espérances humaines et des attentes terrestres. Ce n’est pas que Dieu ne se serve pas des créatures, de mille manières, pour nous assister. Nous ne voulons pas du tout dire cela. Il emploie la créature ; mais si nous nous appuyons sur elle plutôt que sur lui, nous éprouverons bientôt, dans nos âmes, de la maigreur et de la stérilité.

Il y a une immense différence entre l’usage que Dieu fait de la créature pour nous bénir, et notre appui sur la créature à l’exclusion de Dieu. Dans un cas, nous sommes bénis et il est glorifié ; dans l’autre, nous sommes désappointés et il est déshonoré.

Il est bon que l’âme considère sérieusement cette distinction. Nous croyons qu’elle est constamment négligée. Nous nous imaginons souvent que nous nous appuyons sur Dieu et que nous regardons à Dieu, tandis que, en réalité, si nous voulions seulement aller droitement au fond des choses et nous juger dans la présence immédiate de Dieu, nous trouverions en nous une effrayante quantité du levain de la confiance en la créature.

Combien souvent nous parlons de vivre par la foi, et de ne nous confier qu’en Dieu, quand, en même temps, si nous sondions les profondeurs de nos cœurs, nous y trouverions une mesure abondante de dépendance des circonstances, de considération des causes secondes, et de tant de sentiments analogues.

Lecteur chrétien, pensons-y sérieusement ; veillons à ce que notre œil soit fixé sur le seul Dieu vivant et non sur l’homme dont le souffle est en ses narines. Attendons-nous à lui — attendons patiemment — constamment.

Si nous manquons de quoi que ce soit, adressons-nous directement et simplement à lui.


CHM